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Sept idées reçues sur le cerveau

Le cerveau fabrique des connexions neuronales tout au long de la vie. Il ne s’use, que si l’on ne s’en sert pas !
 YAKOBCHUK/ISTOCK – TOM BARRICK/SCIENCE PHOTO LIBRARY/CORBIS

On n’utilise que 10% de nos neurones, on en perd dès l’âge de 20 ans… Retour sur des a priori souvent erronés.

Le cerveau se modifie à chaque seconde, en fonction de ce que l’on pense, de ce que l’on ressent, de ce que l’on dit et de ce que l’on fait. Il est malléable car il se reconfigure en fonction de l’environnement. C’est l’une des grandes découvertes des neurosciences depuis ces vingt dernières années. Grâce aux nouvelles technologies, dont l’IRM fonctionnelle, les chercheurs ont percé quelques mystères de sa performance. Bonne nouvelle: on peut optimiser ses cellules grises en agissant autrement. Or, chacun a des a priori souvent erronés sur cet organe prodigieux. Décryptage par Nadia Medjad, docteur en médecine et coach. 

Idée reçue n°1: « On est plus performant à 30 ans qu’à 50 ans »

Eh bien non ! S’il est vrai qu’on perd des neurones dès l’âge de 20 ans (100.000 par jour), notre stock est si énorme – 86 milliards – que cela n’a aucune importance. En outre le cerveau  fabrique des connexions neuronales tout au long de la vie. Il ne s’use, que si l’on ne s’en sert pas !  

En pratique. Le junior est peut-être plus rapide mais le senior a créé dans son cerveau des raccourcis au fil de son expérience. A l’arrivée la performance est la même. 

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Idée reçue n°2: « Nous n’utilisons que 10% des capacités de notre cerveau »

C’est un mythe. Notre boîte crânienne fonctionne 100% du temps. Mais elle n’active pas toutes les zones cérébrales en même temps, car elle serait en surchauffe. De fait, le cerveau opère un partage des tâches. Durant la nuit, il trie, classe, range, consolide les informations récoltées dans la journée et les relie à ce qu’on sait déjà dans une vaste bibliothèque. Le sommeil est donc capital. about:blank

En pratique. Mieux vaut dormir une demi-heure de plus que de travailler un demi-heure de plus le soir, pour laisser vos neurones vaquer à l’archivage. 

Idée reçue n°3: « Quand on « est dans la lune », c’est que le cerveau se repose »

Le cerveau ne chôme jamais. « Dans la lune », il classe, trie, comme lorsque que vous dormez . Il faut le laisser faire, voire l’encourager à s’échapper, surtout lorsqu’on est focalisé sur une tâche ardue. Ces « absences » sont de formidable alliées de la mémoire. 

En pratique. Évitez d’enchaîner vos dossiers importants le matin sans faire de break, même si vos idées vous semblent plus claires que l’après-midi. Les experts recommandent une vraie rupture. Et idéalement, des mini-pauses de deux à trois minutes toutes les 30 minutes dans la journée. 

Idée reçue n°4: « Les esprits cartésiens prennent de meilleures décisions »

C’est faux. Les émotions font partie intégrante de la rationalité. Le neurologue, Antonio Damasio, a démontré en 1995, dans son livre « L’erreur de Descartes » (réédition en 2010, Odile Jacob), que ressentir et exprimer des émotions – logées principalement dans l’hémisphère droit – est indispensable à la mise en oeuvre de comportements rationnels d’adaptation. Autrement dit, loin de perturber le raisonnement comme l’affirmait le philosophe, elles l’irriguent. 

En pratique. Travaillez votre  intelligence émotionnelle la capacité à capter ses affects et ceux des autres pour s’ajuster – autant que votre intelligence « logico-mathématique » ou « linguistique », les deux seules que vous ayez travaillées à l’école. Vous ferez alors la différence avec des pairs très brillants, mais plus froids et moins pertinents dans leurs arbitrages. 

Idée reçue n°5: « Les créatifs ont un cerveau droit dominant »

Pas du tout. Les deux moitiés du cerveau travaillent main dans la main, grâce à une autoroute cérébrale qui relie les deux. La plupart des tâches nécessitent le travail de l’hémisphère gauche, analytique et rationnel en parallèle avec l’hémisphère droit, global et intuitif. Un créatif peut donc être un bon mathématicien. Seulement, il y a des habitudes qui ont été prises. L’ingénieur, le financier, le commercial manie surtout les chiffres et la logique. Du coup, il délaisse un demi-cerveau, et reste persuadé qu’il ne peut pas être inventif. 

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En pratique. Vous pouvez développer votre créativité, à condition de vous entraîner et vous libérer du stress. Des conseils valables aussi pour stimuler les méninges de votre équipe. 

Idée reçue n°6: « Quand on veut, on peut ! Il suffit de le décider »

Le cerveau a une réserve d’énergie limitée dans la journée. Le contrôle cognitif, exercé par le centre exécutif (le cortex préfrontal), sert à réguler nos émotions, à bloquer nos impulsions et à trancher. Plus on résiste à une situation, plus on doit décider, plus on puise dans notre réserve de volonté.  

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En pratique. Déléguez les taches mineures pour évacuer les micro-décisions. Ne prenez pas de décisions majeures en fin de journée. Évitez de ronger votre frein devant une personnalité difficile en privilégiant le dialogue. 

Idée reçue n°7: « Pour innover, il faut se creuser le cerveau »

Pas forcément. Il faut surtout alterner les temps de réflexion et les temps de  lâcher-prise. Les « Eurêka » ne surviennent jamais au bureau, mais sous la douche ou en faisant ses courses.  

Nadia Medjad est docteur en médecine et coach. Elle est l’auteur de « Neurolearning » (Eyrolles, 2016). Elle est également conférencière, en particulier auprès de Demos. 

Mis en avant

Penser positif: les recettes des gagnants

Le trac surgit ? Focalisez-vous sur ce que vous aimez. Les chercheurs ont démontré qu’avoir en perspective une action agréable augmente de 27% son niveau d’endorphines, les hormones du bonheur. Et concrétiser l’action est cinq fois plus euphorisant.
 

Prise de parole en public, négociation avec un client, discussion budgétaire… Le simple fait d’y penser vous donne des sueurs froides ; vous craignez un trou de mémoire ou une bourde. Changer d’état d’esprit est possible, soutient Nicolas Dugay, coach de dirigeants et de sportifs professionnels*.

Chacun a les moyens de se forger une mentalité de vainqueur. Les sportifs de haut niveau en sont la preuve. La recette: savoir acquérir des gestes, gérer ses relations aux autres, maîtriser son énergie, réguler ses émotions, développer en confiance en soi et exploiter sa motivation. Des compétences qui s’obtiennent en se regardant faire et en se corrigeant. Illustration avec les sept lettres du modèle Prefera. 

P pour Plaisir

Le trac surgit ? Il faut lui substituer une émotion positive, joie, enthousiasme, rire. Focalisez-vous sur ce que vous aimez. Les chercheurs ont démontré qu’avoir en perspective une action agréable – voir son film préféré… – augmente de 27% son niveau d’endorphines, les hormones du bonheur. Et concrétiser l’action est cinq fois plus euphorisant. 

Attention, une seule séquence plaisir ne suffit pas à retrouver des nerfs d’acier, il en faut plusieurs dans la semaine. Alors identifiez ce qui vous fait vibrer : discuter avec des collègues, nager, lire… Et concoctez-vous un programme sympa. 

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R pour Raison d’être

Submergé par le stress et l’urgence, l’individu perd le sens de ce qu’il fait. Pour retrouver la pêche, il faut reconnecter ses envies profondes. Est-ce faire carrière ? Mieux équilibrer sa vie ? Etre utile ? Quand vous les aurez redécouvertes, construisez un plan d’action avec un objectif, un délai et des indicateurs de suivi. Vous insufflerez ainsi de la cohérence à vos efforts quotidiens et ce carburant sera un puissant dopant dans la difficulté. 

E pour Exigence

A chaque besogne, il s’agit de mettre la barre un peu plus haut. Aller au-delà de ses ressources et de ses capacités stimule le cerveau et galvanise. Visez ainsi à traiter des dossiers plus complexes ou à rehausser votre niveau d’organisation.
Comment ? En mettant noir sur blanc les retombées attendues et inattendues de chaque décision, en positif et en négatif. Cet auto-débriefing, simple à effectuer, vous permettra de progresser et de consolider l’acquis. 

F pour Forme

Entretenir son physique permet de gagner en sérénité, en puissance et en bien-être. Deux registres sont accessibles.
1/ Dormir au moins cinq heures par nuit, comme le conseille l’Inserm (1) pour récupérer et pour engranger des informations. Car une personne qui s’endort sur une tâche tout juste apprise accroit sa mémorisation de 30%.
2/ Bouger en pratiquant chaque semaine une activité d’endurance modérée de 150 min ou soutenue de 75 min (2). Chaque tranche de 10 min est efficace. Alors prenez l’escalier plutôt que l’ascenseur, marchez à pied… Et sachez que les tâches ménagères comptent : laver une voiture ou tondre une pelouse durant une heure fait perdre respectivement 200 et 300 calories! 

E pour Echange

Eviter le syndrome de Robinson Crusoé, isolé sur son île. Se confier, partager des choses agréables, apprendre d’autrui… renforcent l’estime de soi et regonflent le moral après l’épreuve. Travaillez ce point sur deux plans.
1/ Avec soi, via des micro-bilans. « Ai-je fait ce que j’ai prévu? » Si non, à vous de vous rattrapez.
2/ Avec les autres, via un cercle social professionnel et privé. N’hésitez pas à en exclure les  » amis  »  toxique qui vous créent des problèmes. Soyez curieux, participez aux actions collectives intéressantes, proposez. 

R pour Réussite

Etre indulgent avec ses échecs reste fondamental pour fortifier son mental. Exit les regrets et le perfectionnisme. Pratiquez la bienveillance envers vous-même. Ce qui compte c’est d’être en accord avec ses propres critères de réussite. Exemples :  Obtenir du feed-back de son patron, être reconnu de ses pairs, etc. Ensuite, face à un ratage prenez du recul grâce à la méthode Gin.
G : est vraiment grave ? Et grave par rapport à quoi ?
I : quel est l’impact réel sur mon plan d’action ?
N : je nettoie en rectifiant ce que j’ai loupé et j’analyse le processus pour ne pas répéter l’erreur. 

A pour Amour de soi

Gare à ces petites phrases négatives qui minent : « je suis nul, je ne suis pas à la hauteur ! ». Elles donnent une portée générale à un raté passager. Et sapent la confiance en soi. Il faut la restaurer par trois types d’exercices.
1/ Ecrire des affirmations positives, brèves et spécifiques et les lire souvent: « Je réussis ce que j’entreprends »…
2/ Recommencer ce qui n’a pas marché pas à pas. Si vous avez foiré un speech obligez-vous à  reprendre la parole en public, d’abord devant des collèges, puis en réunion, puis devant des directeurs.
3/ S’auto-féliciter après chaque micro-succès. Cela fait un bien fou! 

* Nicolas Dugay est aussi directeur associé chez CAA. 

LA MINUTE COACHING

Dix techniques pour lutter contre la procrastination au travail

La procrastination, célébrée ce 25 mars, n’est pas une affaire de mauvaise gestion du temps…

Comme 20 à 30% de vos contemporains, vous avez une sérieuse tendance à reporter les tâches qui vous embêtent? Voici des conseils à combiner pour ne plus tout remettre à demain.

Vous n’avez pas envie de contacter tel prospect, et encore moins de remplir ces satanées notes de frais. Bientôt, vous allez être obligé d’agir, dans le stress, comme d’habitude… « La procrastination n’est pas une affaire de mauvaise gestion du temps, affirme Bruno Koeltz, médecin et thérapeute comportementaliste*. L’individu ne reporte pas parce qu’il a dix choses à faire en même temps, ou parce qu’il ne choisit pas les bonnes priorités. Il procrastine pour faire autre chose, de plus plaisant, de plus facile, afin d’éviter la tâche qui lui pèse et qu’il avait pourtant décidé d’accomplir. » 20 à 30% des personnes se disent concernés. 

1.Ne pas tout planifier

Le planning est-il la solution? Pas vraiment. « Donner un agenda à un procrastinateur, c’est comme demander à un déprimé de sourire », estime le chercheur américain Joseph Ferrari. Et lui demander de faire des ‘to do list’ ne sert à rien. Il trouvera toujours le moyen de s’y dérober. Pour en sortir, mieux vaut donc agir sur d’autres leviers, simples mais efficaces.  

2. Écouter ses petites voix

Vous n’êtes pas dupe. Au moment de reporter une tâche, un signal se déclenche en vous , vous informant que vous êtes en train de dériver. Il peut s’agir de petites voix intérieures permissives, qui vous absolvent de tout retard (« Il faut que ça mûrisse »), ou anxiogènes (« Tu ne vas pas y arriver »). Parfois, c’est une sensation physique, un sentiment familier, l’ennui. « Il faut être attentif à ces clignotants, insiste Bruno Koeltz, parce que c’est à chaque fois l’occasion de récupérer le coup, de se mobiliser enfin sur ce qui est repoussé indéfiniment. »  

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3. Évaluer son intérêt à faire maintenant

Il s’agit de passer de l’idée de « devoir faire » à l’idée de « l’intérêt de faire ». Car procrastiner ne procure pas que du bien-être à court terme. « Différer a un coût en termes d’énergies mentale, psychique, financière, relationnelle et matérielle », résume Xavier Cornette de Saint-Cyr**. Repoussez sans cesse une corvée administrative, une décision à prendre, et vous traînerez cela comme un boulet. Risque supplémentaire, votre entourage vous jugera inopérant. Tardez à rédiger un rapport pour votre boss, vous risquerez un avertissement. Dressez un bilan avantages/inconvénients. Ensuite vous déciderez !  

4. Oser des plans de cinq minutes

Les mails qui s’accumulent, c’est l’Everest à gravir. Oubliez la monstruosité de la tâche. Engagez-vous à traiter l’affaire pour cinq minutes seulement. À vous de voir ensuite si vous avez envie d’enchaîner sur un autre plan. Et de cinq minutes en cinq minutes, en continu ou en discontinu, vous avancerez. La technique, préconisée par Bruno Koeltz, est habile et diablement efficace. Elle permet de contenir la frustration – vous faites quelque chose de désagréable mais pas longtemps – et rehausse l’estime de soi, puisque vous parvenez à accomplir une tâche rébarbative ou jugée difficile. « En outre, on se met dedans, ça marche bien, du coup on y trouve du plaisir », ajoute le thérapeute.  

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5. Fractionner les tâches

C’est la méthode du salami, préconisée par les coachs. Vous découpez l’activité en tranches, afin de la rendre plus comestible. Attention à lui donner un début et une fin bien identifiés. Vous devez faire un rapport ? Décomposez le travail à effectuer : créer un fichier, faire un sommaire, vérifier des points, relire… Vous n’avez qu’une heure devant vous ? Vous pourrez réaliser l’une de ces sous-tâches.  

6. Trouver des starters

« Observez un rituel de commencement, conseille Jean-Bernard Gouteix***, coach formateur chez Pilotis. À l’instar du joueur de golf qui prépare ses gestes avant de taper dans la balle. » Vous trouverez le vôtre. Ce peut être un automatisme, comme aller chercher un verre d’eau. Ou encore des préliminaires indispensables, dits aussi « tâches d’amorçage », plus simples, comme aller chercher une doc. Vous calez à réaliser le point mensuel ? Prenez celui du mois précédent. Balayez ce qui n’est plus d’actualité, les chiffres, les dates, puis réactualisez-les. Vous poursuivrez d’autant plus aisément sur le travail de réflexion, plus ardu et au coeur du sujet.  

7. Résister aux distractions

Juste avant de bûcher un dossier, vous démarrez votre ordinateur. Or vous savez qu’une fois sur Internet, vous surfez avec frénésie. « Auto-disciplinez-vous grâce à des signaux d’alerte que vous aurez conçus vous-même, qui vous rappelleront à l’ordre », recommande Bruno Koeltz. Un gros adhésif rouge sur la souris de votre PC fera l’affaire. « Associez à ces symboles de procrastination des slogans qui vous aideront à interrompre le processus », poursuit le praticien. Dites-vous : « Un petit bout, vaut mieux qu’un grand rien du tout » ou « Après l’effort, le réconfort ! »  

8. Se débarrasser des « encombrants »

« La méthode ne marche pas avec tout le monde, mais ça vaut le coup de la tenter. Attaquez-vous d’abord à ce qui vous déplaît et vous encombre la tête. Vous prendrez d’autant plus de plaisir à réaliser ensuite ce que vous aimez », souligne Jean-Bernard Gouteix. Autrement dit, gardez le meilleur pour la fin.  

9. Prendre un tiers à témoin

Le procrastinateur qui travaille en équipe se corrige souvent tout seul de son travers, observent les coachs. Parce qu’il y a une émulation. En outre, si vous vous engagez envers un collègue à faire tel travail sur tel dossier, vous jouez votre crédit. Communiquez vos objectifs à un tiers et demandez-lui qu’il vous rappelle à l’ordre sur telle démarche rebutante que vous aurez programmée.  

10. Se féliciter

« Le plaisir doit être une conséquence, pas un moteur, alerte Xavier Cornette de Saint-Cyr. Et on peut être content de soi après avoir accompli une tâche embêtante. » Même s’il s’agit d’un plan de cinq minutes. C’est déjà une petite victoire. Alors, entre deux corvées, accordez-vous un café, un papotage ou toute activité agréable, et vous repartirez de plus belle.  

* Bruno Koeltz est médecin et thérapeute comportementaliste, auteur de « Comment ne pas tout remettre au lendemain » (Odile Jacob, 2006). 

** Xavier Cornette de Saint Cry est coach et formateur en Intelligence Relationnelle. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont « Ces fausses victimes qui nous manipulent » (Jouvence, 2019), « Vivre l’impermanence selon Bouddha » (Jouvence, 2018), « Je ne me prends plus la tête au travail » (Jouvence, 2017), « Stop à l’auto-sabotage professionnel (Jouvence, 2016).  

5 citations pour décider vite et bien

« N’attendez pas le jugement dernier, il a lieu tous les jours », a écrit Albert Camus dans son ouvrage La chute.
 

Camus, Nietzsche… Des figures célèbres ont dit ou écrit toute la difficulté et l’intérêt à trancher.

La prise de décision est capitale pour qui veut bien gouverner, asseoir son autorité et naviguer dans un monde  rempli d’incertitudes. Un thème central du leadership qui a mobilisé politiques, écrivains et philosophes de toute époque. Au travers de phrases courtes et évocatrices, ils nous ont livré un concentré d’expériences qui nous éclaire encore aujourd’hui.

1. « Que de choses il faut ignorer pour agir« , Paul Valéry

Choisir, c’est renoncer. S’acharner à récolter toutes les informations pour aboutir à la meilleure décision est inefficace. Car en la matière, l’exhaustivité ou la perfection sont impossibles. Et il y a un moment où cette quête devient vaine et paralysante. Le manager risque de se retrouver piégé dans « l’illusion du contrôle », pensant qu’il peut maîtriser tous les paramètres, pour se rassurer devant l’inconnu. Mais plus il tarde, plus il favorise des arbitrages tacites de la part de l’équipe, et moins sa décision a d’impact (selon les travaux des chercheurs danois Kristian Kreiner et Soren Christensen). 

Conseils. Acceptez de vous déterminer avec 70% ou 80% des documents utiles seulement. Ayez conscience que toute résolution comporte une part d’irrationnel (intuition, émotions, ressenti…). 

2. « Pour décider, il faut un nombre impair de personnes, et trois c’est déjà trop« , Georges Clemenceau

Le processus de prise de décision doit s’adapter aux situations. En cas d’urgence ou de crise aiguë – la guerre pour Clemenceau – il faut agir vite. Le style participatif, visant la pêche aux idées et le consensus, ne convient donc pas. Il faut trancher dans le vif, en solo, quitte à repenser son choix plus tard, avec le collectif, en analysant comment l’entité aurait pu faire mieux et/ou autrement. Le style directif est recommandé aussi pour superviser des tâches répétitives ou des personnes peu autonomes. 

Conseils. Autorisez-vous à être flexible, en vous libérant des stéréotypes sur le rôle du leader qui, selon vos schémas de pensée, doit être autoritaire, ou cool, à tout moment. 

3. « N’attendez pas le jugement dernier, il a lieu tous les jours« , Albert Camus

Le plan d’action décisif, bien huilé, qui laisse le manager tranquille pour trois à cinq ans n’existe pas. Nulle situation n’est figée, surtout pas dans un monde incertain. On ne gagne pas ses galons de super manager – et la satisfaction qui va avec – en fin de mission pour en avoir bien bordé les étapes en amont ou osé des ruptures. On les gagne tous les jours, par une suite de microdécisions et d’ajustements successifs. 

Conseils. Evitez de vous mettre en sous-régime entre deux changements majeurs que vous aurez impulsés, ce serait dormir sur ses lauriers. Risqué ! 

4. « La décision est souvent l’art d’être cruel à temps« , Henry Becque (dramaturge français)

Trancher, décréter, ordonner, fixer, supprimer, se séparer de… est un acte managérial qui exige du  courage. Ce faisant le leader interdit, clarifie le flou, dévoile l’insuffisance d’un travail ou la familiarité d’un comportement. L’implicite devient explicite, le toléré intolérable, et ça peut désarçonner le(s) collaborateur(s). Mieux vaut alors réagir tôt, sans laisser pourrir la situation. C’est conserver le statu quo qui serait coupable. 

Conseils. Ne projetez pas votre propre histoire sur l’autre, ce qui vous freinera ; réalisez des feedbacks critiques fréquents tout en veillant à ce que vos propos soient bienveillants, vous placerez ainsi le salarié dans les meilleures conditions pour se retourner, rebondir. 

5. « Une fois la décision prise, il faut fermer l’oreille aux meilleures objections, c’est là le signe d’un caractère ferme« , Friedrich Nietzsche

Dirigeants et managers ont peur du désamour, de l’impopularité. Le danger se situe à deux pôles extrêmes: l’éparpillement, en écoutant tous les avis, et l’entêtement qui rend sourd et aveugle aux thèses adverses dans un contexte qui a changé. A chaque décision, le chef se heurtera à de la résistance et à d’excellents arguments pour ne rien bouger. Souvent la première réaction des troupes est « c’est ridicule », puis vient la colère avant l’acceptation. Le leader doit  s’attaquer à l’inertie du groupe avec une belle énergie et laisser passer la vague de protestation. 

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Gestion du temp

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Conseils. Appuyez-vous sur les quelques convaincus dans l’équipe qui rallieront les incertains ; blindez-vous face à la désapprobation. Vous avez une intime conviction, tenez-la, il en va aussi de votre image de vous-même. 

Cinq techniques pour développer son intuition au travail

Bien des managers étouffent leur intuition pour privilégier la logique. A tort. En laissant sa réflexion prendre des détours irrationnels, on gagne en perspicacité.
 

Coup au coeur, insomnie, petite voix… Le doute s’empare de vous ou à l’inverse la certitude est là. La décision s’impose en un quart de seconde. Votre intuition a parlé! Il faut savoir la cultiver et l’écouter,

La pensée intuitive est une aide puissante à la prise de décision. Elle repose sur le ressenti, un balayage superficiel de la situation par le cerveau (1). Un processus nommé « mode mental préfrontal » par les neurosciences. Or, bien des managers étouffent leurs premières impressions pour privilégier la logique. On a pourtant souvent intérêt à laisser sa réflexion prendre des détours irrationnels avant de trancher. On y gagne en perspicacité. Cinq exercices pour s’entraîner. 

1. Le déplacement spatial : changer d’angle de vue

Se placer dans un coin de la pièce, avec son problème à l’esprit et se dire tout haut : « je pense ceci, je ressens cela ». Avancer de 50 centimètre et faire de même. Procéder ainsi sur 4 ou 5 places différentes. A chaque fois, s’exprime l’une des personnes qui est en vous, avec ses émotions, ses réactions instinctives. Vous verbalisez diverses pistes d’action. Et selon le mode intuitif, l’une prendra le pas (ou se combinera) sur l’autre. 

Utile pour : tout type de décision 

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Conditions d’exercice. Seul à son bureau. Se détendre avec des respirations entre chaque position. 

2. Le « mindfulness »: lâcher prise par les 5 sens

Assis ou debout, se relaxer en restant conscient de son corps et de l’environnement extérieur. 1/ Imprégnez-vous du lieu. 2/ Prenez contact mentalement avec toutes les parties de votre corps de la tête jusqu’aux pieds en visualisant le volume, en ressentant la température… 3/ Songez à vos tracas et interrogez votre anatomie, de bas en haut : « qu’est-ce que mes pieds ont à dire ? »…, « qu’est-ce que mon coeur a à dire ? »…, « qu’est-ce que ma tête à dire ? ». Vous touchez des registres de pensée distincts, proches du rêve et une option devrait se dégager. 

Utile pour : tout type de décision. C’est dans un état de détente absolue, plongé dans sa baignoire, qu’Archimède a trouvé son célèbre théorème avec ce cri « Eurêka! » 

Conditions d’exercice. Seul au bureau ou dans un lieu public (transport, parc…), yeux ouverts ou fermés, avec une respiration calme prolongeant le temps d’expiration (comptez 4 temps d’inspiration pour 8 temps d’expiration). Pas plus de 15 minutes. 

3. Le photolangage : s’évader par l’image

Disposer sur un bureau ou au sol des photos découpées dans des magazines représentant des gens, des paysages, des figures abstraites… Sans réfléchir, prenez les trois qui vous attirent le plus. Pensez à vos dilemmes. Et posez-vous la question : comment je me sens? Dans quelle direction ai-je envie d’aller ? Accueillez tout ce qui vient : sensations physiques, émotions, idées. Transporté ailleurs, vous connectez votre motivation profonde. 

Utile pour : orienter une carrière, une politique commerciale, un projet. Telle cette comptable mal dans son job qui choisit d’instinct le cliché d’une porte cabossée mais avec un trou laissant pénétrer la lumière. Oui, elle pouvait la pousser d’un coup d’épaule. Elle sut qu’elle était prête à bouger. 

Conditions d’exercice. Dans une pièce au calme, à deux ou en grand groupe ; partir sans préjugés. Pas plus de 5 minutes. 

4. Le portrait chinois : établir des analogies

S’interroger : « Si j’étais.. » ou « si c’était… » un monument, un animal… Exemple : « si j’étais un chat, je serais… ». Retenez trois caractéristiques : indépendant, affectueux, réactif. Faites des similitudes entre le félin et votre style de management. En quoi ça parle de vos difficultés avec untel ? Surgira le déclic sur ce qui coince et la solution. Parce que vous avez favorisé l’association d’idées entre deux univers qui priori n’ont rien en commun et trouvé des liens inattendus.  

Utile pour : débloquer des tensions dans l’équipe, sortir d’impasses techniques.  

Conditions d’exercice. Seul ou à plusieurs (pairs, collaborateurs), pas plus de 5 à 10 minutes pour écarter tout raisonnement méthodique.  

5. L’objet incongru : aiguiser sa perception

Moins  » abstrait  » que le portrait chinois. Saisir un objet insolite, sans rapport avec son métier : une figurine plutôt qu’un stylo. Le regarder, le soupeser. Quelles sont ses qualités (doux, dur, flexible..), quel est son parfum etc. Activez les 5 sens. Laisser vagabonder les sensations. Rapprochez-les de vos hésitations. Vous sentirez par votre corps la juste résolution : oui, c’est agréable, vous pouvez conduire ce projet/ non, le malaise est présent… Des intuitions à valider par des arguments plus cartésiens. 

Utile pour : tout type de décision 

Conditions d’exercice : Seul au bureau, à un moment de pause. 

AU TRAVAIL

Huit astuces pour se simplifier la vie au travail

Vous pouvez probablement vous débarrasser facilement de 20% de vos actions au bureau.

Vous êtes noyé sous les dossiers, l’oeil rivé sur votre montre. Voici comment vous focaliser sur l’essentiel?

L’époque est à la surabondance, des objets, des loisirs, des activités… Les tentations guettent, les choix deviennent complexes, les projets plus sophistiqués et les agendas surchargés. Or, vous pouvez probablement vous débarrasser de 20% de vos objets chez vous et de 20% de vos actions au bureau sans que cela affecte votre vie. Visez la frugalité, l’épure, la simplicité. Écrémez, triez, vous serez plus serein et plus efficace. En faire moins sur un sujet, c’est pouvoir en faire plus ailleurs. Huit façons d’y parvenir pas à pas avec les conseils d’Alexandre Borie, responsable développement formations à l’Académie Vinci Energies* . 

1. Une feuille de route carrée

En début de journée, on a tendance à vouloir tout lancer à la fois au point d’en perdre l’essentiel. Pour  rester concentré , fixez-vous au maximum trois objectifs par jour. Et trouvez-leur une formulation claire, avec des contours précis. Car plus l’intitulé sera flou plus vous serez tenté d’en faire des fourre-tout. Exemple :  » Voir les prospects vers Fontainebleau et si possible pousser jusqu’à… ». Dites plutôt « Voir Durand et Martin, leur expliquer la nouvelle garantie sur le produit Z… »  

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2. Des objectifs en tranches

Découpez un méga objectif en rondelles de mini-objectifs, comme un saucisson. Vous en tirerez doublement avantage. D’abord, vous gagnerez en lucidité et en compréhension sur le degré de difficulté des tâches et vous pourrez anticiper. Ensuite celles-ci seront plus faciles à réaliser, morceau après morceau. Ce qui vous économisera bien des prises de tête! 

3. Le kit du strict nécessaire

Avant d’agir, évaluez systématiquement vos besoins. Est-ce que rechercher tous ces documents vous est utile? Vous déplacer apporte-t-il un « plus »? En quoi exécuter telle opération ou solliciter tel partenaire est-il indispensable? Devez-vous vraiment rédiger un rapport de dix pages, une note de synthèse ne ferait-elle pas aussi bien l’affaire? N’exigez-vous pas un résultat trop parfait? etc. Ainsi, vous supprimerez le superflu et la sur-qualité qui ne sert à personne. 

4. Le calendrier de Seinfeld

Pour s’obliger à écrire quotidiennement, le célèbre humoriste américain, Jerry Seinfeld, a sa méthode : afficher au mur à l’horizontal des feuilles de façon à former un calendrier annuel. Puis, chaque fois qu’il travaille ses sketchs, il coche la case du jour d’une croix rouge. Au fil du temps, les cases cochées forment une chaîne. Le but est de ne pas la briser. Faites de même, avec vos 3 objectifs par jour associé à une couleur chacun. Vous bâtirez ainsi trois chaînes parallèles distinctes (en rouge, vert, bleu) ininterrompues. Ce qui s’inspire des plannings de gestion de projet mais en plus sommaire. Du coup, vous stopperez votre penchant pour l’éparpillement et la progression du travail vous sautera aux yeux. Motivant!  

5. Le mail vs téléphone

Qui ne s’est jamais arraché les cheveux en voulant expliquer par mailun point de vue ou une situation ? Dès que votre message dépasse cinq lignes, optez pour le téléphone (moins de cinq lignes, c’est rester sur des idées maîtresses). Par oral, on se fait mieux comprendre. En plus vous vous épargnerez les mauvaises interprétations de vos écrits et des échanges interminables pour clarifier vos propos. Par ailleurs contentez-vous de deux boîtes mail, pas plus ! 

6. Un écran nickel

Gare à ne pas surcharger les écrans de votre ordinateur en laissant ouverts une dizaine de fichiers à la fois. Cela vous oblige à des allers-retours incessants de l’un à l’autre, avec de surcroît des risques de « bugs ». Allégez votre champ visuel en ne gardant que le fondamental. Dans le même esprit, rangez votre bureau, épurez la place du superflu pour ne conserver que ce qui est capital à l’activité du moment. 

7. Le temps de l’administratif

Notes de frais, formulaires de voyage, feuilles de congés, autorisations diverses… Vous ne pourrez pas y couper! Il faut les remplir. Plutôt que pester tous les jours contre cette corvée, bloquez-vous un créneau spécifique dans la semaine pour traiter ces dossiers. Vous serez libéré. Pour les petites choses, en revanche, éclusez au fur et à mesure. 

8. Une voilure réduite d’obligations

Les « à côtés » de votre job s’accumulent : colloque, speechs, parrainages divers, etc. Certes, ils sont intéressants mais dévoreurs d’énergie. Et mis bout à bout ils en arrivent à masquer vos priorités en tout domaine. Limitez vos engagements à l’extérieur (privés, publics). Dressez-en la liste et barrez les moins importants selon l’impact attendu, vos valeurs et vos aspirations profondes. 

Mal-aimé? Sept conseils pour ne pas s’isoler

Certes, un chef n’est pas là pour être aimé. Mais pour que l’équipe fonctionne, il doit être apprécié.
 

Comment (re)gagner l’estime de ses troupes lorsque la crise est là.

Le manager qui subit une pression d’enfer en arrive parfois à oublier les formes et à agir en solo. Pire, alors qu’il doit travailler avec une nouvelle équipe, il a tendance à dénigrer tout ce qui a été fait avant lui. S’installe alors un vrai malaise. Certes, un chef n’est pas là pour être aimé, mais tout de même. Laurent Tylski, coach de dirigeants chez Acteo Consulting décrypte sept attitudes à adopter pour renverser la vapeur et (re)gagner l’estime de ses troupes, sans démagogie. 

1. Sortir de sa tour d’ivoire

Proscrivez les formules du type, « je n’ai pas le temps », « je suis speed ». À la longue, vouloir tout faire tout seul vous coupe de la base. C’est de cette façon que le directeur grands projets d’une société de BTP s’est fait « black lister » par ses 70 coéquipiers. Sa vision stratégique était excellente, mais rejeté par ses troupes, il a été licencié. Pratiquez plutôt le « management by wandering around » en vous baladant dans les bureaux et les couloirs pour serrer les mains, dire bonjour  

2. Personnaliser la relation à chacun

Il s’agit d’avoir au fil de l’eau de petites attentions envers vos collaborateurs. Intéressez-vous à leur vie hors travail et souvenez-vous de ces informations informelles. Ecoutez, interrogez. Quel est le job du conjoint? Quel sont les prénoms des enfants? Où partent-ils en vacances ? etc. 

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S’il le faut, rédigez un pense-bête sur tous ces points pour chacun d’eux. Grâce à celui-ci vous aurez ensuite l’à-propos de fêter son anniversaire à Luc mais aussi de lui glisser des mots gentils sur sa fille qui bûche son examen ou sur la santé de sa mère que vous savez malade. Vous considérez alors l’autre dans toute sa dimension humaine. 

3. Développer son empathie

En toute occasion, prenez en compte ce que dit votre interlocuteur. Lorsqu’il est assis devant vous, soyez disponible à 100% et  lâcher mails et téléphone. Inutile de décrocher le combiné pour répondre « Je suis en réunion », ça ne rime à rien. Sachez aussi vous montrer serviable. Aider Marie à porter un carton ou apporter un café à Jules en plein rush, vous fera illico descendre de votre piédestal. En plus, si vous restez positif, ce sera un sacré bonus. Quitte à enjoliver un peu : « Je suis content, vous avez trouvé une idée originale à laquelle je n’avais pas pensé ».  

4. Mettre en branle ses alliés

Appuyez-vous sur vos co-équipiers engagés et loyaux. En général, ils sont faciles à repérer. Bons soldats, ils ne critiquent jamais. Ils s’enthousiasment sur tout, prêts à passer à l’action contre vents et marées. Impliquez-les en réunion, en les interrogeant: « que feriez-vous [à ma place] ? ». Ils voleront à votre secours. Ce sont eux aussi qui porteront une parole qui vous est favorable auprès des hésitants ou des râleurs. Ce qui suffit parfois à retourner une situation délicate

5. Défendre son équipe

Si vous êtes du genre prudent, vous allez devoir vous bousculer. Dans les moments durs, le manager qui fait preuve de courage regagne vite des points d’estime dans les rangs. En haut lieu, valorisez le travail collectif. Cela ne convient pas ? Répliquez : « Ok, je récupère la copie ! Je refais « . 

Il y a une erreur dans le dossier ? Acceptez l’idée d’être coresponsable.  » Je le prends pour moi, mon contrôle n’a pas été satisfaisant! ». N’hésitez pas non plus à monter au créneau pour négocier des moyens et des délais, quelle que soit l’issue, ça se saura. 

6. Capitaliser sur ses résultats

Vous chamboulez les méthodes, vous hissez votre niveau d’exigence pour atteindre les objectifs fixés par la direction… Ça ne va pas forcément plaire à tout le monde. Ne baissez pas les bras ! Les chefs qui tiennent bon et obtiennent au final de belles performances de leur service, créent un sentiment de fierté. Du coup ils engrangent respect et crédibilité

7. Faire un coup mémorable

Ce doit être exceptionnel, mais ce peut-être salutaire. Ce directeur dans la filiale lilloise d’une société de conseil devait aller au siège à Paris pour présenter les projets finalisés par son entité. Ses quatre collaborateurs doutaient de lui. Plutôt que d’exposer lui-même le travail des quatre, il a décidé de les emmener avec lui pour que chacun puisse expliquer ses réalisations devant le  codir.

Sept exercices pour un mental d’acier

Au travail comme dans le sport, un esprit positif et un cerveau agile permettent de faire face à bien des situations.

En septembre, il s’agit de repartir du bon pied.Garder ses neurones en alerte, les entraîner à anticiper les succès, à capter le positif, à délivrer du plaisir, permettra au manager de transmettre de l’énergie à son équipe. Et d’amortir le stress ou toute opération de déstabilisation, donc, de gagner en efficacité. Tous les exercices sont utiles. Toutefois mieux vaut se garder de « l’effet levure » dans le cerveau. Si l’un d’entre eux vous « gonfle » au bout de cinq minutes, inutile d’insister, c’est que celui-ci ne vous convient pas. Nicolas Dugay, DG de Booster Academy vous en propose sept, parmi d’autres, qui ont fait leurs preuves. 

1. Lister ses succès tous les soirs

Avant d’aller vous coucher, notez sur un carnet les victoires – petites ou grandes – remportées dans la journée : un contrat signé, un délai obtenu, un problème dénoué, un entretien fécond, etc. Puis posez-le sur votre table de chevet. Le cerveau travaillant la nuit, durant votre sommeil, il va s’emparer de ces messages positifs et les renforcer. Le lendemain, votre regard se portera naturellement sur le carnet à côté du réveil, et votre esprit va instantanément se brancher sur ces bons résultats de la veille. Remotivant ! 

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2. Trouver trois petits plaisirs et se les accorder régulièrement

Courir une heure par semaine, voir au moins un client agréable par jour, prendre 15 minutes chaque matin pour lire son magazine favori… Simple et profitable ! Vous allez libérer en effet la dopamine et les endorphines qui sont les hormones du plaisir. Le simple fait de voir son film favori augmente de 27% la sensation de plaisir. La régularité est essentielle pour installer le bien-être. Cela vous aidera à encaisser les chocs ou les petits désagréments quotidiens au bureau. 

3. Habituer son cerveau à zapper

Se concentrer sur un sujet, c’est bien, à condition de ne pas en faire une fixation qui épuise le corps et assèche l’imagination. Enchaîner plusieurs choses sur un court laps de temps dynamiser le cortex, même si vous perdez en productivité. Par ailleurs, alterner diverses activités dans sa journée – travail, sport, art, échanges, méditation- stimule.  

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Autre avantage : vous ne ferez pas dépendre votre estime de vous d’une seule performance ou d’une performance dans un seul domaine : si vous achoppez sur un pan de votre vie, les autres vous aideront à préserver votre tonus et vos émotions positives. Une astuce pour éviter la dispersion : pointez périodiquement l’état d’avancement de vos divers objectifs, professionnels ou personnels. 

4. Briser la routine de ses méninges

Pour gagner en agilité et prendre du recul, entraînez-vous des deux manières suivantes. 

1/ Au bureau, trouvez six façons différentes de vous présenter lors d’un appel téléphonique (passé ou reçu), et jonglez entre celles-ci les jours suivants. Exemples: « Allô… » ; « Ici Daniel Martin bonjour… » 

2/ En rentrant chez vous, ouvrez votre réfrigérateur et composez trois menus avec ce qui s’y trouve. Et écrivez-les. Vous serez étonné de la créativité que vos cellules grises auront déployée. 

5. Détecter ses préférences sensorielles

Bien au calme, isolé dans une pièce, fermez les yeux et mentalement, passez en registre les cinq sens : écoutez un air de musique que vous aimez, sentez le parfum agréable d’une fleur, goûtez un plat savoureux, caressez un tissu, admirez des couleurs. Vous repèrerez très vite quels sont vos canaux sensoriels de prédilection. Remobilisez votre esprit sur ces derniers. En travaillant ces « points forts », vous étayerez votre résistance à l’adversité. 

6. Visualiser la réussite

Cette méthode est efficace parce qu’elle leurre le cerveau. Pour celui-ci en effet, visualiser le geste ou l’exécuter réellement c’est la même chose. Il crée les mêmes connexions neuronales, et impulse une énergie physique quasi identique. Exercez-vous à produire une succession d’images mentales où vous atteignez vos buts, mais en partant de la fin. Autrement dit, imaginez le succès , les bravos, la médaille, puis déroulez à rebours et par étapes le processus qui vous y a conduit. Répétez jusqu’à ce que ce film soit fluide. Ecrivez-le pour l’ancrer en vous. Dès lors, vous pourrez le convoquer à la moindre difficulté. 

7. Recommencer après un échec

L’adage veut que lorsqu’on tombe de cheval (ou de vélo), il faille se remettre en selle tout de suite. Ceci n’est vrai qu’en partie, car il n’est pas question de sauter l’étape d’analyse. Trois attitudes vous relanceront. 

1/ Se lamenter a minima. Pas plus de deux à trois minutes, sous peine d’être envahi par les émotions négatives. 

2/ Décomposer le déroulé de vos actions et en repérer les loupés.  

3/ Effectuer la visualisation décrite au point précédent, en y testant des solutions pour franchir les écueils identifiés. Vous dupliquerez ensuite les meilleures avec bonheur et facilité dans la réalité, lors de votre seconde tentative. 

Quatre techniques pour doper son estime de soi

La critique vous déstabilise, vous doutez de votre valeur, vous dépréciez vos succès et amplifiez vos erreurs… Et si vous adoucissiez votre jugement sur vous?

L’estime de soi permet de s’accepter avec ses qualités et ses défauts sur tous les plans (physique, social, affectif). Au travail, elle procure un sentiment de légitimité et aide à confronter ses idées avec conviction mais sans agressivité, empêchant de prendre les choses personnellement. Mais cette perception de soi (englobant la confiance en soi, l’amour de soi et le respect de soi) fragile, changeante, dépend du regard que l’on porte sur ses réussites et ses échecs, et de celui des autres. Il faut alors la « réparer ».

1. Cesser les comparaisons avec autrui

Prenez conscience que se comparer avec vos collègues est stérile. Cette attitude donne un pouvoir considérable à votre entourage. Car (à son insu) c’est lui qui donnera le « la » sur votre auto-appréciation et sur vos choix. Si la compétition et l’émulation sont stimulantes, se voir « par rapport à… » inhibe et éveille la jalousie. Ne surestimez pas les capacités des autres. Restez centré sur l’action, en listant par exemple vos atouts. Et restez ferme sur vos valeurs, piliers de l’estime de soi. 

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Le conseil. Référez-vous plutôt à une figure inspirante, au parcours remarquable en dépit des obstacles rencontrés et habité de valeurs fortes et d’aspirations proches des vôtres (Nelson Mandela, un inventeur, un sportif ou même un voisin). Cela vous boostera face aux difficultés. 

2. Déjouer le syndrome de l’imposteur

Promu a une grade plus élevé, missionné sur un projet convoité par tous, vous doutez. « Pourquoi moi? Je ne le mérite pas. Untel est tellement mieux. » Pire, vous êtes persuadé que c’est une erreur. Vous attribuez systématiquement vos performances au hasard, à la chance, aux circonstances favorables et à la bienveillance d’autrui. Donc, c’est sûr, vous usurpez la place et on va vite s’apercevoir que vous êtes nul. Évacuez ce sentiment qui vous mine et vous fragilise. Acceptez que, oui, vos supérieurs vous ont trouvé les qualités idoines pour tenir le poste.  

Le conseil. Identifiez ces pensées négatives qui vous bloquent en les notant sur un journal de bord quotidien  ; recensez votre contribution objective à vos succès ainsi que les compétences et talents singuliers que vous avez mis en oeuvre (ténacité, ingéniosité, réactivité etc.) ; accueillez et savourez les compliments. 

3. Déraciner l’auto-dénigrement (en public ou seul)

« Quel idiot je fais! », « Je suis un incapable ». Claironnées au bureau, ces phrases lâchées à tout instant vous forgeront une mauvaise réputation à laquelle les autres vont finir par croire… et vous aussi. Itou si vous vous épanchez auprès de vos collègues : « je n’y arriverai pas », « ce n’est pas pour moi ». Vous allez leur communiquer votre mal-être et les lasser. Gare aussi à ne pas vous saborder tout seul plongé dans vos dossiers en répétant :  » je ne suis pas à la hauteur », « j’apporte la poisse ».  

Le conseil : soyez doux et indulgent avec vous-même ; confiez vos problèmes dans le cercle privé ; dites « je décide », « je choisis » et non pas « il faut, on devrait, je dois etc. », tout terme qui donne l’impression que vous êtes contrôlé par l’extérieur. 

4. Reprendre confiance en son image

Vous souffrez de complexes physiques ou de votre apparence au point de fuir les miroirs ou les pèse-personnes ? Votre vision de vous-même est déformée. Pour la restaurer faites réaliser des photos de vous sous votre meilleur jour par un ami doué ou un bon professionnel. Au vu du résultat flatteur, vous vous réconcilierez avec vous-même. 

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